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Le « Coaching Bug », une technique de triche, frappe la scène compétitive de CS : GO

La scène compétitive de CS : GO vient d’être le théâtre d’une vague de bannissements importante, visant non pas les joueurs… mais leur coach. Retour sur le « Coaching Bug » et les conséquences de son utilisation.



Un glitch précis et impactant

Team-aAa explique les mécaniques du mode observateur : « Les serveurs de jeux compétitifs comportent des emplacements (« slots ») pour les joueurs mais également le staff […]. Les slots accordés aux coachs ne leur permettent d’observer que le point de vue de leurs camarades, en première personne uniquement à la différence des slots pour les admins et les observers qui possèdent plus de liberté de vision et de mouvement au sein de la partie, et seuls ces derniers peuvent être autorisés à exploiter des vues en troisième personne […] et bien plus. »

Nous avons ensuite droit à l’explication du glitch, consistant en « une faille dans la vision des coachs ». Le coaching bug « se traduit par une caméra surélevée », continue Dokai pour aAa, « qui peut se situer sur plusieurs points de la carte et le coach peut bouger sa souris pour orienter sa vision à 360° »


Un abus non sans conséquences

Millenium.gg titre : « Quand le pire scandale de ces dernières années secoue Counter-Strike ». Le coaching bug, qualifié d’être « probablement le pire scandale » de l’histoire de CS : GO par Augustin ‘’Review’’ Heliot pour Millenium.gg, a plusieurs conséquences :

ESL Gaming a fait une déclaration le 31 août 2020 considérant le coaching bug comme « en désaccord avec notre règlement, section ‘’6.10.5 Usage de Bugs et de Glitchs’’ » Annonçant des sanctions pour les coachs MechanoGun, HUNDEN et dead.

Parallèlement, l’ESIC (Esports Intergrity Commission) annonce sur leur site le 4 septembre la mise en place d’« une enquête dans l’abus historique d’un bug dans le mode spectateur de CS : GO » et rapporte le 28 septembre des changements techniques, comme la « Sécurisation des données des servers HLTV et ESEA », mais surtout les modalités des bannissements pour les coachs dépendant des tournois où l’ESIC est présent :

« Les coachs concernés :

·         Ne doivent pas communiquer, activement ou passivement, avec leur équipe à partir de 15 minutes avant le début du match officiel jusqu’à la fin du match.

·         Ne doivent pas être présent physiquement proche de leur équipe à partir de 15 minutes avant le début du match officiel jusqu’à la fin du match.

·         Ne doivent pas être sur le serveur du jeu pendant les matchs officiels

·         Ne doivent pas être sur le salon du match officiel sur le serveur Discord

·         Ne doivent pas faire partie du processus de vote de carte officiel ni être en communication avec l’équipe pendant le processus »

L’organisme demande aussi « à tous les organisateurs de tournois dont l’ESIC n’est pas membre d’honorer ces bannissements dans le but de protéger la scène esportive de CS : GO internationalement. »

L’ESL modifiera sa déclaration le même jour, et annoncera donc ce lundi 28 septembre 2020 s’aligner sur l’ESIC et fera une clarification de leur positionnement par rapport aux abus au nom de ESl et DreamHack :

« [Nous] prenons très au sérieux l’intégrité de la compétitivité dans nos tournois et dans l’écosystème esport en général et avons pleinement soutenu l’enquête de l’ESIC et respecteront et suivront dorénavant les sanctions recommandées par l’ESIC peu importe s’il s’agit d’infractions lors de tournois ESL ou DreamHack, ou non. »


Cette nouvelle déclaration montre ainsi la modification des sanctions données le 31 août, en accord avec l’ESIC, ainsi que de nouvelles sanctions envers d’autres coachs « qui ont abusé du coaching bug
dans une compétition ESL et DreamHack »  :




Des perspectives mitigées

Team-aAa propose plusieurs solutions au problème en lui-même :

Du côté de Millenium.gg, on craint la réaction de Valve, en prenant appui sur une affaire de trucage de match en 2015:

« Reste la question de savoir ce que va faire Valve, le développeur et éditeur du jeu. Jusqu’à maintenant quand Valve s’est penché sur des affaires de triche il a plutôt été impitoyable, on se souvient de l’affaire Ibuypower où de jeune joueurs avaient perdu intentionnellement perdu un match pour un pari truqué et avaient alors été bannis indéfiniment. Une sanction qui n’a jamais été levée pour une infraction qui a surtout des aires d’erreur de jeunesse. »

Le site d’actualité met cependant en avant l’aspect inanticipable de la possible réaction de Valve :

« D’un autre côté Valve a aussi déclaré à plusieurs reprises ne pas être une organisation esportive, donc dans cette affaire Valve est un élément complètement aléatoire, demain ils pourraient taper du poing sur la table et bannir les 37 coachs à vie ou s’en laver complètement les mains. En tout cas pour l’instant Valve n’a rien dit. »

Sur la possible réaction de Valve, le site anglophone Pinnacle avance 3 options :

« Il y a (au moins) 3 directions potentielles

·         La plus drastique impliquerait la complète suppression du rôle de coach dans les compétitions par Valve. Ce serait une réaction spontanée d’une organisation qui a besoin d’endosser une partie des reproches pour avoir laissé un tel bug non mis à jour depuis 5 ans au moins. Cependant, ce n’est pas totalement improbable, après que Valve a noté ne pas être de grands fans des coachs in-game et avoir limité leur influence lors de la partie aux temps de pause en 2016.

·         La 2ème option la plus probable serait que Valve s’implique plus directement dans la surveillance des coachs. Pour le moment, dans le monde actuel de la compétition en ligne, la communication n’est pas toujours surveillée. Cela signifie que des équipes peuvent avoir des informations venant de leurs coachs en dehors des temps de pause imposés pour les évènements du circuit Major, dont font partie les tournois RMR (Regional Major Rankings). Une situation consistant en une conversation libre et fluide qui ne serait pas efficacement surveillée pourrait avoir rendu l’exploitation du bug encore plus avantageuse, puisque les coachs pourraient juste dire à leur équipe où aller et personne ne serait au courant sans une enquête prolongée. En renforçant la surveillance des communications, les chances de voir un bug similaire être exploité de la même manière diminuent significativement.

·         La 3ème, et improbable, option serait que Valve ne fasse juste rien. En sachant que le le bug a été patché, le développeur pourrait juste rester en retrait, regarder les ‘’bad apples’’ (les éléments indésirables) être retirés de la scène, prendre leur part de responsabilité et accepter qu’un tel scénario ne devrait pas se reproduire. »

 

Ainsi, si les acteurs ont été sanctionnés et les règles modifiées, une chose est sûre : « Peu importe ce qui arrivera finalement, la scène compétitive de CS : GO a été changée à jamais. » conclut Pinnacle.

 

 





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